Pourquoi le "poulailler libre" ?
Ca a été dur de trouver un nom pour l'adresse de mon blog. J'ai commencé à chercher tous les jeux de mots possibles avec "London", mon moi virtuel. J'aurais pu insister sur mon extrême générosité en criant "ici, London". Coup double. Mais blague pourrie. Si,si. Et si je suis pas honnête sur mon deuxième post, ce blog est foutu.
Je me suis donc rabattu sur une expression qui revient toujours quand on évoque le libéralisme. Il semblerait que la paternité ne soit pas tout à fait établie : on parle de Jaurès, mais aussi de Lacordaire et de Marx.
Ca a été dur de trouver un nom pour l'adresse de mon blog. J'ai commencé à chercher tous les jeux de mots possibles avec "London", mon moi virtuel. J'aurais pu insister sur mon extrême générosité en criant "ici, London". Coup double. Mais blague pourrie. Si,si. Et si je suis pas honnête sur mon deuxième post, ce blog est foutu.
Je me suis donc rabattu sur une expression qui revient toujours quand on évoque le libéralisme. Il semblerait que la paternité ne soit pas tout à fait établie : on parle de Jaurès, mais aussi de Lacordaire et de Marx.
"Le libéralisme, c'est le renard libre dans le poulailler libre"
Attardons nous un instant sur cette définition-citation. La première chose qui saute aux yeux, c'est l'utilisation de l'animalité. L'image est forte émotionnellement, on voit bien cette pauvre petite poule se faire disséminer façon puzzle aux quatres coins de l'enclos par ce monstre roux et roué. Le renard est un prédateur, la poule est une proie. La nature et la chaîne alimentaire !
Il y a une triple occurence sur le mot liberté. La liberté met en confrontation le renard et la poule.
On pourrait objecter plusieurs choses à ce stade de l'explication de texte.
Enfonçons quelques portes d'enclos négligées par l'aviculteur. Il n'y a pas d'Animalité comme on pourrait parler d'Humanité. Les animaux ne se reconnaissent pas d'une même nature. L'humanité est un concept assez pratique qui nous a permis de dépasser la notion restrictive de tribu et de se reconnaitre en chaque homme. Il y a ainsi une extension des règles de la communauté qui trouvera son aboutissement dans la Déclaration des Droits de L'Homme et du citoyen. Et d'où naitra un siècle et demi plus tard la notion de crime contre l'Humanité. Ce concept est ainsi juridique. Exit la "loi" du plus fort. Le fort et le faible cohabitent mais sont égaux face à la règle et au droit.
La deuxième objection que je ferais découle de la première. Si l'Humanité est un concept, c'est un produit culturel. On peut naître Renard et devenir Poule, et inversement. Un Renard dans une société de Poules paraitrait bien inoffensif, surtout si c'est le seul représentant de son espèce. Il y a aussi des Poules entraînées au combat de Coq et au tempérament mauvais. Et des Renards qui s'avèrent être de vrai Poules mouillées.
Et si le problème dans ce théorème, ce n'était pas plutôt le poulailler ? Dans un poulailler, aucune fuite possible, les Poules sont condamnées. D'ailleurs, si elles trouvaient la porte de la cage, la franchiraient elles ?
Il me semble que cette citation est une des illustrations de l'allégorie de la Caverne de Platon. Rappelons nous. Des hommes sont enchaînés au fond d'une grotte. Des ombres se projettent sur la paroi. Un homme se libère et gravit la pente qui le mêne à l'extérieur. Ses yeux s'habituent doucement à de nouvelles images : les saisons, les nuages, le soleil. La caverne. Platon s'interroge : s'il revenait parmi ses pairs, ces derniers le croiraient-ils ? Essayeraient-ils de briser leur chaîne ou traiteraient-ils cette aventurier comme un illuminé ? Pour revenir à notre propos, des poules peuvent elles être libres dans un poulailler ? Sont-elles conscientes du danger qui rôde ? Ne se croient-elles pas d'ailleurs protégées par leur propre prison ? M'est avis que non. Et que la survie de la Poule tient d'abord à sa capacité de percevoir ses faiblesses. On pourrait imaginer que des poules libres formeraient plusieurs groupes pour gérer la collectivité : ceux qui protègent, ceux qui s'occupent de la recherche de nourriture, etc... Quand bien même la Poule serait de caractère solitaire, il est plus facile de piocher dans le troupeau. Ne pas en faire partie est une autre forme de protection possible.
Vous l'aurez compris, cette explication du libéralisme est loin de me satisfaire. C'est orwellien : la prison, c'est la liberté ! Je finirais par une question : et si ce n'était pas le danger le problème, mais notre propre peur, celle de l'Autre, celle d'affronter notre propre existence... en un mot d'être Libre ?
Il y a une triple occurence sur le mot liberté. La liberté met en confrontation le renard et la poule.
On pourrait objecter plusieurs choses à ce stade de l'explication de texte.
Enfonçons quelques portes d'enclos négligées par l'aviculteur. Il n'y a pas d'Animalité comme on pourrait parler d'Humanité. Les animaux ne se reconnaissent pas d'une même nature. L'humanité est un concept assez pratique qui nous a permis de dépasser la notion restrictive de tribu et de se reconnaitre en chaque homme. Il y a ainsi une extension des règles de la communauté qui trouvera son aboutissement dans la Déclaration des Droits de L'Homme et du citoyen. Et d'où naitra un siècle et demi plus tard la notion de crime contre l'Humanité. Ce concept est ainsi juridique. Exit la "loi" du plus fort. Le fort et le faible cohabitent mais sont égaux face à la règle et au droit.
La deuxième objection que je ferais découle de la première. Si l'Humanité est un concept, c'est un produit culturel. On peut naître Renard et devenir Poule, et inversement. Un Renard dans une société de Poules paraitrait bien inoffensif, surtout si c'est le seul représentant de son espèce. Il y a aussi des Poules entraînées au combat de Coq et au tempérament mauvais. Et des Renards qui s'avèrent être de vrai Poules mouillées.
Et si le problème dans ce théorème, ce n'était pas plutôt le poulailler ? Dans un poulailler, aucune fuite possible, les Poules sont condamnées. D'ailleurs, si elles trouvaient la porte de la cage, la franchiraient elles ?
Il me semble que cette citation est une des illustrations de l'allégorie de la Caverne de Platon. Rappelons nous. Des hommes sont enchaînés au fond d'une grotte. Des ombres se projettent sur la paroi. Un homme se libère et gravit la pente qui le mêne à l'extérieur. Ses yeux s'habituent doucement à de nouvelles images : les saisons, les nuages, le soleil. La caverne. Platon s'interroge : s'il revenait parmi ses pairs, ces derniers le croiraient-ils ? Essayeraient-ils de briser leur chaîne ou traiteraient-ils cette aventurier comme un illuminé ? Pour revenir à notre propos, des poules peuvent elles être libres dans un poulailler ? Sont-elles conscientes du danger qui rôde ? Ne se croient-elles pas d'ailleurs protégées par leur propre prison ? M'est avis que non. Et que la survie de la Poule tient d'abord à sa capacité de percevoir ses faiblesses. On pourrait imaginer que des poules libres formeraient plusieurs groupes pour gérer la collectivité : ceux qui protègent, ceux qui s'occupent de la recherche de nourriture, etc... Quand bien même la Poule serait de caractère solitaire, il est plus facile de piocher dans le troupeau. Ne pas en faire partie est une autre forme de protection possible.
Vous l'aurez compris, cette explication du libéralisme est loin de me satisfaire. C'est orwellien : la prison, c'est la liberté ! Je finirais par une question : et si ce n'était pas le danger le problème, mais notre propre peur, celle de l'Autre, celle d'affronter notre propre existence... en un mot d'être Libre ?
Je vous laisse un lien pour prolonger mon propos sur les épreuves qui attendent nos petites Poules dans un poulailler trop bien gardé.
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