J’adore les journalistes.
Déjà parce que c’est une espèce menacée. Le SDJ est formel. Et puis Marianne aussi.
Ensuite parce qu’ils ont bien compris que l’humanité mourra dans d’atroces souffrances à cause du réchauffement climatique et des chinois. Et que pour le premier ils ont trouvé la solution : ne plus se déplacer pour faire leur travail journalistique et rapporter les propos des potos.
Sauf que, et après le fantomatique SMS, on aurait tendance à penser que ça fait beaucoup.
De quoi je parle ?
De ça :
Les nouveaux connards de Sarkozy.
Nicolas Sarkozy a toujours autant de mal à se faire au style présidentiel. “Putain les mecs, il fait chaud, on se fout sur la terrasse !”, a-t-il lancé, lundi 5 mai, à quelques journalistes spécialistes des questions européennes qu’il avait invité pour une rencontre informelle à l’Elysée. L’entretien s’est déroulé dans la bonne humeur jusqu’à ce qu’un des reporters s’avise d’interroger Sarkozy sur sa pusillanimité à propos des droits de l’homme en Tunisie. Réponse du président : « Rien à foutre, de toute manière, ce ne sont que des connards qui posent des questions à la con… ” ».
Le Nouvel Observateur, n°2271, Rubrique « Téléphone Rouge »
(Diantre ! Fichtre ! Quel cuistre de président que nous avons ! Et puis après le Salon de l’Agriculture, voilà la récidive !!)
Sauf que, et merci à Jean Quatremer pour sa réactivité, ci-dessous, et du même journal :
« Contrairement à ce que nous avons écrit, le président de la République n’a pas tenu les propos qui lui sont prêtés dans la rubrique Téléphone rouge du Nouvel Observateur N°2271 (du 15 au 21 mai). Si l’entretien informel qu’il a eu, le 5 mai dernier, avec les journalistes spécialistes des questions européennes s’est bien déroulé dans une ambiance relâchée, sa réponse à une question sur les droits de l’homme en Tunisie ne comportait aucun terme de cette nature. Le Nouvel Observateur présente ses excuses à ses lecteurs ainsi qu’à toutes les personnes présentes lors de cette rencontre à l’Elysée »."
J’attend avec impatience la prochaine chanson vérité de Jeanne Cherhal...
(Merci à Koz, blogueur "vigilant")
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6 commentaires:
Ce qui me sidere, et je rejoins Koz sur ce point, c'est que rien ne se passera. Cet "épisode" fait apparemment moins de vagues que le SMS (pour le moment) mais n'en est pas moins diffamant pour autant.
Au-dela du cas isolé du Nouvel Obs, on peut s'interroger sur l'avenir du journalisme et de l'information dans notre pays. A l'heure ou la concurrence fait tellement rage qu'on annonce la mort des gens avant meme qu'ils ne trépassent, a l'heure ou les fautes d'orthographes se multiplient par faute de relecture (je n'ose dire par méconnaissance de notre si belle langue), plus que le journalisme, c'est l'information de qualité qui est en danger.
PS : Ravi de voir que tu postes de nouveau, London !!
PPS : Désolé pour l'absence d'accents, clavier QWERTY oblige...
Salut iSeb !
Disons que l'impact de l'entrefilet est peut être moindre que pour la publication de cette info sur un site internet, avec une capacité de buzz faible compte tenu du format... et j'imagine que l'épaisseur du démenti sera proportionnel. Mais quand même, je reste sur mon idée que les journalistes se cherchent, compte tenu d'une plus grande liberté qu'auparavant, liberté de ton qui, il est vrai, va de pair avec la liberté de ton qu'essaye de faire passer Nicolas Sarkozy.
La question est toujours la même : quelles responsabilités pour un journaliste ?
Des journalistes qui veulent la liberté ne peuvent pas s'absoudre de cette question.
Du journalisme comme du libéralisme, d'ailleurs.
A mon sens, la priorité d'un journaliste doit être de fournir une information de qualité. Par là, j'entends une information qui a été vérifiée et qui peut être publiée sans risque. Ce n'est certes pas évident, mais ce n'est pas non plus pour rien que journaliste, c'est un métier.
Liberté, oui. Désinformation résultant de trop de liberté, non.
Perso, je ne sais pas si c'est mon caractère profondément dubitatif qui me pousse à penser ça, mais j'ai tendance à croire la première version plutôt que la deuxième, cette dernière résultant, toujours selon moi, d'un "coup de règle sur les doigts" histoire qu'on pense :
1. Que décidément les journalistes sont vraiment des cons, c'est-à-dire désinformation massive sur ce qu'il se passe vraiment. Et
2. Que non ça va en fait on a un vrai président, ce dont personnellement je doute toujours fortement.
Mais encore une fois peut-être est-ce ma paranoia naturelle...
Alors, la banque, les vélibs et les monoprix sont ils à la hauteur de vos espérances?
Pour en revenir au sujet il est évident que la crise de la presse papier est directement lié à la qualité de ses journalistes. Lorsque je vois que Askolovitch se présente comme grand reporter, ça manque pas de sel.
Lorsque je lisais les reportages de Marcelle Padovani par exemple, je n'aurais jamais eu l'idée d'émettre un doute sur sa qualification.
Ce qui me fait encore plus rire c'est lorsque je découvre que notre grand reporter viens raler chez éric de "crise dans les médias" le jour ou il consacre un billet à l'interview de Besancenot réalisée par ce dernier.
J'ai l'impression que tous ces gens passent plus de temps à lire les autres qu'à faire leur métier.
Pas étonnant qu'ils en soient à inventer leur sujets.
J'ai pris Askolovitch comme exemple parcequ'il est parfaitement représentatif de cette médiocrité journalistique qui plombent de plus en plus la presse Française.
@Marco : Tu pousses pas un peu quand même ? Je suis pas sûr que Quatremer soit aux ordres compte tenu de ses autres billets et de la ligne éditoriale de son employeur ;-)
@Superpado : bon, je dois confesser que j'aime bien Asko... même si je reconnais qu'il se laisse un peu trop entrainé par sa plume à la façon Libé de temps en temps. Et effectivement, de là à le déclarer grand reporter, faut pas pousser non plus :-))
Tiens, pour la route, une info qui est passée inaperçue dans les médias : un bateau écolo s'est retrouvé coincé dans l'arctique à cause d'une glace beaucoup plus épaisse que les années précédentes... de là à dire que seuls les tenants du réchauffement climatique ont le droit de cité dans la presse, c'est un pas que je ne franchirais pas :-))) Enfin...
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